Depuis quelques mois, le marché de la mémoire vive et du stockage connaît une crise jamais vue. RAM, DRAM, NAND, SSD, tout s’envole. Les prix explosent, les ruptures se multiplient, les consommateurs et assembleurs de PC tirent la sonnette d’alarme. Mais qu’est-ce qui provoque ce chaos ? Et surtout : quelle portée pour l’industrie high-tech, le gaming, les PC portables, et même le Web3 ?
Une demande de mémoire vive insatiable tirée par l’IA
La cause principale de cette tension vient d’un acteur désormais incontournable : l’intelligence artificielle (IA). Les géants du cloud, les data centers, les fermes de serveurs destinés aux modèles d’apprentissage profond consomment quantité astronomique de mémoire; DRAM, HBM, NAND. Pour suivre la cadence, les fabricants de puces (mais aussi les fournisseurs de serveurs) absorbent des lignes entières de production mémoire.
Résultat : les modules DDR4/DDR5 destinés au grand public (PC, laptops, consoles, smartphones) se trouvent en concurrence directe avec ces besoins gigantesques. Les acteurs professionnels offrent des volumes et des marges tellement supérieurs que les chaînes de production ont été réorientées massivement.
Un effet domino sur les prix et la disponibilité
Quand la demande explose et que l’offre se resserre, la seule issue possible est… la hausse des prix. Depuis début 2025, certains kits de RAM DDR5 ont vu leur prix s’envoler. Notamment, plus 170 % ou supérieur selon les modules.
Pour les constructeurs de PC, les fabricants de portables ou les assembleurs, c’est une catastrophe. Les délais de livraison s’allongent, les coûts grimpent, et certains projets sont reportés. Même les grandes marques commencent à s’organiser : certaines envisagent de réduire la quantité de RAM embarquée sur des modèles d’entrée/moyen de gamme, ou de revoir leurs prix à la hausse.
SSD, stockage, cartes graphiques : tout le hardware touché
Ce n’est pas qu’un problème de RAM. La pénurie affecte aussi la NAND (mémoire flash), ce qui ralentit la production de SSD, cartes mères, smartphones, consoles, et même les cartes graphiques haut de gamme. Certains fabricants ont déjà annoncé des retards, voire des reports, de leurs nouvelles lignes de produits.
Autrement dit : le smartphone, le portable, le PC gamer, la carte graphique, tout devient potentiellement plus cher, plus rare, ou livré “allégé”.
Un marché remodelé: qui profite à qui ?
Pour les géants de la mémoire (Samsung, SK Hynix, Micron…), c’est un jackpot. Les contrats avec les acteurs IA leur rapportent des marges énormes. Mais pour le consommateur, c’est la douche froide. Certains acteurs grand public ont déjà annoncé des sorties de gamme limitées ou le retrait de marques entières de la RAM slot d’entrée.
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Les assembleurs “à la demande”, les gamers, les passionnés de PC custom ou de crypto-minage vont être les plus touchés. Acheter un PC haut de gamme ou mettre à jour ses composants ne va plus être anodin. En effet, c’est un investissement plus lourd, plus risqué.
Ce que cela signifie pour la tech, le gaming, la crypto
- Pour le hardware grand public, la “normalité” d’un upgrade facile est terminée : la RAM est redevenue un bien rare.
- Pour les créateurs, les gamers, les mineurs, les coûts d’entrée remontent, peut-être trop pour beaucoup.
- Pour les projets Web3 ou IA, la concurrence pour la mémoire va accroître la pression sur l’innovation, potentiellement ralentir certains cycles de développement.
- Enfin, cette crise pourrait stimuler l’émergence de solutions alternatives : stockage décentralisé, compression logicielle, architectures moins gourmandes, etc.
La pénurie de mémoire vive ne frappe pas seulement les geeks ou les gamers. Elle annonce peut-être le début d’un nouvel âge hardware. On parle d’un marché plus rare, plus cher, plus exigeant. Et dans ce contexte, les choix techniques, l’anticipation et l’ingéniosité redeviennent des atouts essentiels.

