Début juillet 2025, NVIDIA est devenue l’entreprise la plus valorisée au monde, dépassant Apple. La capitalisation de la firme californienne a franchi les 3 350 milliards de dollars. Apple, fragilisée par des ventes d’iPhone moins dynamiques et un manque de relais de croissance immédiat, glisse à la deuxième place. Microsoft reste en embuscade. Ce changement symbolique reflète bien plus qu’un simple jeu de chiffres. Il marque la domination grandissante de l’intelligence artificielle sur l’économie mondiale.
NVIDIA gagne la course des semi-conducteurs
NVIDIA, avec ses GPU massivement utilisés pour l’entraînement des modèles d’IA, a capté l’essentiel des investissements en infrastructure numérique. Ses puces H100, H200 et la future Blackwell (B200) sont devenues incontournables pour les centres de données. La société n’est plus simplement un fournisseur de composants. Elle orchestre désormais l’évolution de l’IA générative, aux côtés d’OpenAI, Meta, Amazon et Google.
Ses revenus explosent. Au dernier trimestre, elle a généré plus de 26 milliards de dollars, en hausse de 262 % sur un an. Son bénéfice net dépasse les 14 milliards. Une rentabilité digne des plus grands groupes de luxe, mais dans un domaine technologique hautement stratégique.
Apple en quête d’un second souffle
Apple reste un géant. Mais l’absence de percée majeure dans l’IA et la déception autour de son casque Vision Pro freinent les anticipations des investisseurs. L’iPhone reste au centre de son modèle économique. Or, les ventes stagnent en Chine, et la concurrence monte en gamme, notamment Huawei.
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La firme tente de revenir dans la course en annonçant une intégration de modèles d’IA générative dans iOS, via un partenariat avec OpenAI. Mais cela reste embryonnaire face à l’intégration native d’IA dans les puces et systèmes que propose NVIDIA à tout l’écosystème tech.
Des conséquences systémiques
Le basculement provoque une recomposition des portefeuilles boursiers. Les fonds indiciels repondèrent leurs expositions. Les ETF centrés sur l’intelligence artificielle surperforment ceux liés aux GAFAM classiques. Wall Street réévalue le paradigme tech. Le mot-clé n’est plus smartphone, mais compute.
La domination de NVIDIA pose aussi des problèmes géopolitiques. L’entreprise dépend fortement de TSMC pour la fabrication de ses puces. Or, TSMC produit majoritairement à Taïwan, territoire sous menace constante de Pékin. Cette fragilité ravive les tensions autour de la souveraineté technologique, notamment aux États-Unis et en Europe.
Extrapolations des géants des semi-conducteurs NVIDIA et Apple
Trois voies se dessinent :
- NVIDIA consolide sa domination grâce au lancement de nouvelles architectures (Rubin en 2026) et à l’expansion vers le cloud IA et le logiciel.
- Apple réagit brutalement via un rachat stratégique (Hugging Face, Anthropic ?) ou une nouvelle plateforme (iGlasses, IA embarquée ?).
- Un retournement de marché se produit si la bulle IA explose ou si la demande ralentit côté serveurs.
La Bourse reste fébrile. Les valorisations records entraînent une volatilité extrême. NVIDIA pourrait perdre son trône aussi vite qu’il l’a conquis. Mais le signal est clair : l’avenir appartient à ceux qui maîtrisent la puissance de calcul, les algorithmes et l’intégration verticale.
En conclusion, la chute d’Apple derrière NVIDIA n’est pas un accident.
C’est une reconfiguration en profondeur de l’économie mondiale. L’IA rebat les cartes. Les semi-conducteurs remplacent les smartphones comme totem de puissance. Et dans cette nouvelle ère, NVIDIA est le moteur.